Concepts de base de l’hindouisme

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Plutôt que d’accentuer l’importance pour chacun de croire en la même chose, l’hindouisme accentue l’importance du besoin de pratique spirituelle sincère. Bien que l’approche soit flexible envers les croyances, les croyances suivantes sont partagées :

  • Atma (l’âme)
  • Samsara (réincarnation)
  • Karma (action)
  • Prakriti (la matière)
  • Gunas (qualités)
  • Maya (illusion)
  • Moksha (libération)
  • Bhagavan (Dieu)

Atma

Pour mieux comprendre la  vision du monde des Hindous, il est essentiel de saisir ce concept premier et fondamental. L’Atma se réfère au Soi non-matériel, qui ne change jamais. Il est distinct à la fois du mental et du corps. Ce Soi réel est au-delà des désignations temporaires que nous nous attribuons généralement à nous-même, en terme de race, genre, espèce et nationalité. La conscience, où qu’elle se trouve (en d’autres mots pas seulement chez les êtres humains), est considérée comme un symptôme de l’âme, et sans elle le corps n’a aucune vie. Pour faire court, l’Atma ou l’âme individuelle est esprit (Brahman), non changeant, éternel et conscient alors que le corps est matériel, temporaire et inconscient. Au moment de la mort, l’âme est transportée à l’intérieur du corps subtil (astral) dans un autre corps. Le prochain corps est déterminé par l’état d’esprit au moment de la mort, et par les désirs de l’âme.

Samsara

Samsara est le terme sanscrit pour réincarnation. Il signifie être astreint au cycle des naissances et morts répétées à travers de nombreuses vies et formes de vie. Comment le processus de la réincarnation se produit est décrit de façon élaborée dans les textes védiques. La Bhagavad-Gita (8.6) explique que quel que soit le niveau de conscience que l’on atteint au moment de quitter son corps, on atteindra un niveau similaire dans notre prochaine vie. Cela signifie qu’après qu’une personne ait vécu sa vie, les nombreuses diverses activités de cette personne forment une conscience de manière agrégée. Toutes nos pensées et actions tout au long de notre vie vont influencer collectivement l’état d’être que nous atteindrons au moment de mourir. Cette conscience déterminera ce à quoi cette personne pensera à la fin de sa vie. Cette dernière pensée et conscience orientera ensuite cette personne vers là où elle ira le plus probablement dans sa prochaine vie grâce à cet état d’être, qui vaut pour cette vie et celle d’après. Généralement, toutes les traditions orientales croient que toutes les espèces ou formes de vie incluant les plantes et animaux, ont une âme, qui est l’entité qui se réincarne.

Le temps maîtrise et soumet tous les êtres incarnés. Chacun peut facilement voir que les corps matériels sont soumis à 6 changements : naissance, croissance, maintenance, reproduction, dégradation et mort.

Après ce qui peut aller jusqu’à des millions de naissances et de morts à travers de nombreuses formes de vie, à essayer de satisfaire tous ses désirs matériels, l’âme peut commencer à se sentir fatiguée de ces tentatives continues d’un bonheur, qui ne s’avère  finalement souvent que temporaire. Alors la personne peut se tourner vers la découverte d’un sens spirituel dans la vie. Dans la recherche de chacun d’un sens supérieur, dépendant du niveau de conscience qu’une personne développe, il ou elle peut entrer graduellement  des niveaux croissants de développement. Enfin, si une personne décèle qu’elle n’est en fait pas ce corps mais l’être spirituel à l’intérieur de celui-ci, et atteint le niveau spirituel de la conscience, elle peut parfaire sa vie de manière à entrer les strates spirituelles et ne plus avoir à s’incarner dans ce monde physique. Donc, la libération est atteinte à travers la Réalisation du Soi et le développement du service dévotionnel à Dieu, qui est la perfection de la voie spirituelle.

Ainsi une personne est encouragée à se repentir pour ses péchés ou choix inconsidérés qui sont effectués sous l’influence de la luxure, la colère ou l’avidité, et à cultiver le pardon, la pureté et la générosité. Une personne devrait aussi s’engager dans la charité, la pénitence, la méditation, le japa (chant personnel des saints noms de Dieu), kirtan (chant en congrégation des saints noms de Dieu), et autres pratiques spirituelles, qui détruisent tous les péchés et suppriment tous les doutes à propos de la connaissance spirituelle. Puis à travers une pratique régulière chacun peut atteindre progressivement le monde spirituel et être libéré de nouveaux enchevêtrements dans la réincarnation.

Karma

La loi universelle du Karma (action et réaction) détermine la destinée unique de chaque âme. L’auto-détermination et la responsabilité de l’âme individuelle repose sur sa capacité de libre-arbitre. Cela n’est possible que dans la forme humaine. Incarnée dans des espèces inférieures, l’Atma ne prend pas de décisions morales mais est mue par l’instinct. C’est pourquoi, bien que toutes les espèces vivantes soient sujettes à des réactions d’activités passées, un tel karma ne se génère qu’au cours de la vie humaine. Seule la vie humaine est une vie de responsabilité. La Bhagavad-Gita catégorise le karma, en détaillant 3 types d’actions humaines : 1) Karma, celles qui élèvent ; 2) Vikarma, celles qui dégradent ; 3) Akarma, celles qui ne créent ni bonnes ni mauvaises réactions et donc conduisent à la libération.

Prakriti

Prakriti est la matière inerte, temporaire et inconsciente. Tout ce qui est fait de matière passe à travers 3 stades d’existence :1) il est créé ; 2) il dure pendant quelques temps et 3) il est inévitablement détruit.

Gunas

La matière est composée de 3 qualités (gunas) correspondant à la création, la maintenance et la destruction.

Ce sont :

  • sattva ou la bonté : elle est pure, élève et éclaire
  • rajas ou la passion : elle motive à créer, acquérir et profiter
  • tamas ou l’ignorance : elle est sale, dégradante,  illusoire et destructive.

Tous les phénomènes matériels peuvent être analysés en terme de gunas. En fonction de la préférence de l’âme pour telle ou telle tendance, elle entrera dans  un corps adéquat. Les âmes influencées par la bonté seront élevées aux planètes édéniques au moment de la mort, celles largement influencées par la passion resteront dans la société humaine et celles influencées par l’ignorance entreront les espèces inférieures.

Maya

Maya ou l’illusion représente ce qui n’existe pas. Influencée par les 3 gunas, l’atma ou l’âme s’identifie de façon erronée avec le corps. Elle accepte des pensées telles que « Je suis blanc et je suis un homme », ou « ceci est ma maison, mon pays et ma religion ». Ainsi l’âme déconcertée s’identifie avec le corps temporaire et tout ce qui lui est corrélé, comme la race, le genre, la famille, la nation, le compte bancaire et la religion sectaire. Sous cette fausse identité, l’atma aspire à contrôler et profiter de la matière. C’est en cultivant le mode de la bonté que l’âme peut progresser graduellement vers la transcendance et éventuellement totalement échapper à l’influence de chacune des 3 gunas, incluant la bonté, et obtenir la libération.

Moksha

Moksha ou la libération des Samsara, de Maya et de l’influence des 3 gunas est considérée comme le but ultime de la vie par la plupart des traditions hindoues. La principale différence d’opinion se centre sur la nature précise de Moksha. Bien que pratiquement toutes les écoles la considèrent comme un état d’unité avec Dieu, la nature d’une telle unité est contestée. Les Advaita ou traditions monistiques disent que Moksha  implique l’annihilation du faux sentiment d’individualité de l’âme et la réalisation de sa non-différence complète de Dieu. Les traditions Dvaita ou dualistes affirment que Dieu reste toujours distinct des âmes individuelles ou atma même après que l’âme ait atteint la libération de sa fausse identité ; et l’union avec Dieu se réfère à l’unité dans l’objectif commun dans lequel l’âme individuelle s’abandonne, sert et aime le Suprême Brahman ou Dieu.

Bhagavan

Dans l’hindouisme, on adresse Dieu par de nombreux noms en fonction de la tradition ou de l’aspect de la Vérité Suprême que chacun aspire à révéler. De nombreux Hindous décrivent Dieu comme Sat-Cid-Ananda ou plein d’éternité, connaissance et félicité. Ces qualités correspondent aux trois caractéristiques principales du Suprême :

Brahman se réfère à l’aspect omniprésent de Dieu. Les Saintes Ecritures déclarent que « tout est Brahman ». Cet aspect sat/éternel de Dieu est réalisé par la compréhension de la nature éternelle de chacun comme atma.

Paramatma ou Antaryami signifie « le contrôleur de l’intérieur » et se réfère à Dieu résidant dans le cœur de chaque être. On le nomme alors souvent Supersoul/l’âme Suprême et il est initialement perçu de diverses façons, par la mémoire, l’instinct, l’intelligence, l’inspiration et les aptitudes exceptionnelles.. Il est l’objet de méditation de nombreux yogis mystiques. Cette caractéristique de Dieu représente le cit ou son aspect de connaissance.

Bhagavan signifie « celui qui  est doté d’une opulence illimitée » et se réfère à Dieu qui vit au-delà de ce monde matériel. Bhagavan est la Personne Suprême et l’âme individuelle peut entrer en relation directe avec lui, éprouvant ainsi ananda ou le plaisir spirituel.

La plupart des traditions  ajustent ces trois aspects de Dieu, mais vont comprendre la relation entre eux différemment. Ils  accentuent souvent un aspect  comme plus important que les autres. Ils diffèrent également à propos de l’identité exacte de Dieu et de leur compréhension des divers dieux et déesses.